Les jardiniers des prairies Saint Martin souhaitent faire entendre leur voix sur l’aménagement des prairies.

La ville de Rennes a décidé de fermer les jardins des prairies Saint Martin pour deux motifs : Inondations et pollution. Les jardiniers remettent en cause ces deux arguments.

Inondations :  Le plan de prévention des risques d’inondations (PPRI) a été signé en 2007 entre la ville et la préfecture. Il indique le classement des prairies Saint Martin en zone inondable réservée à l’expansion des crues. Dans cette zone, il est clairement dit que les jardins sont autorisés. Le PPRI n’a pas été modifié depuis cette date. Les jardins actuels ne posent pas problème, c’est le projet de nouvelles constructions qui remet en cause les jardins. Pourquoi détruire l’existant ?

Reconquête du champ d’expansion des crues : l’arrêté d’autorisation d’aménagement de la ZAC Armorique du 26 octobre 2010 à la demande de la ville de Rennes prévoit de prélever 60000m3 de terre sur les prairies Saint Martin en compensation de différents projets de développements urbains en zone inondable. En réalité ce qui pose problème pour le maintien des jardins ce ne sont pas les inondations mais le décaissement des prairies sur plusieurs hectares. Pour être concret on peut imaginer le prélèvement d’un mètre de terre sur 6 hectares. Les prairies Saint Martin, non constructibles, sont sacrifiées pour pouvoir construire dans d’autres zones inondables. Quel sera l’impact sur la faune et la flore de la zone humide ?

Arrêté d’autorisation d’aménagement de la ZAC Armorique du 26 octobre 2010 : « A la demande de la Ville de Rennes sont autorisés les travaux prévus pour l'aménagement de la ZAC Armorique […] Les aménagements de la ZAC vont contribuer à réduire le champ d'expansion des crues et à impacter des zones humides. La mise en œuvre de mesures correctrices ou compensatoires est donc obligatoire pour gérer ces différents impacts […] Conformément aux clauses d’évolutivité du PPRI et en compensation des différents projets de développements urbains programmés par la Ville de Rennes, des travaux de reconquête du champ d'expansion des crues seront également réalisés sur le secteur des Prairies Saint Martin. Le volume minimum reconquis sera de 60000 m3 ».

Pollution : Suite aux analyses de sols et de légumes, la société SCE a réalisé une étude de risques. Leurs calculs sont basés sur une consommation exclusive de légumes produits au jardin et cela 365 jours sur 365 ! En cumulant cette estimation déjà irréaliste sur 30 ans «le risque calculé» arrive tout juste au seuil du risque toxique. Rappelons que la société SCE aménagement et environnement est le maître d’œuvre choisi par la ville de Rennes pour l’urbanisation de la ZAC Armorique. Quelle valeur accorder aux conclusions de l’étude d’une société qui a d’autres intérêts dans le projet ?

Les résultats de l’étude de pollution sont présentés aux jardiniers le 30 juin 2009 : «concernant la qualité des sols les résultats montrent une qualité moyenne qui n’entraîne pas de risque sanitaire pour les usagers […] concernant les végétaux les résultats sont globalement bons mis à part 2 salades (sur 48 prélèvements) présentant des concentrations en plomb légèrement supérieures aux valeurs réglementaires»

Quel avenir pour les prairies Saint Martin ?

Nous souhaitons que la Ville repense les prairies comme un écosystème à préserver et non comme une zone de compensation pour des projets d’urbanisme. Le prélèvement de 60000m3 va faire disparaître l’écosystème diversifié constitué de prairies, jardins, haies, mares, boisements… Une concertation est-elle envisagée avec les associations d’environnement ?

Nous demandons le maintien de jardins dans le futur projet d’aménagement des prairies. Le développement de jardins potagers au cœur de la ville correspond aux aspirations des grands centres urbains dans le cadre du développement durable. C’est pourquoi les jardiniers des prairies Saint Martin se sont regroupés en association. Nous demandons une réunion entre tous les jardiniers et la Ville de Rennes avant la fin de l’année pour discuter de la place des jardins dans le parc naturel urbain.

L’association « Préservons les prairies Saint Martin »