Prairies Saint-Martin : les jardiniers s'accrochent - Rennes

Photo OF

L'association Préservons les prairies Saint-Martin est née. Elle regroupe une trentaine de jardiniers amateurs, locataires de jardins familiaux. La municipalité dévoilera son projet lundi.

Nouvel épisode dans le feuilleton des prairies Saint-Martin. Avec l'annonce en juin de la disparition des jardins familiaux d'ici à 2013, l'association Préservons les prairies Saint-Martin est née. Pour l'instant, son objectif est simple : maintenir les jardins familiaux. Le cap pourra-t-il être maintenu face au projet de la municipalité ? Jusqu'ici, toutes les suppositions pouvaient être avancées. En dehors de l'intention affichée d'en faire un parc naturel urbain, la mairie ne donnait pas beaucoup de billes. Dès lundi prochain, ce sera chose faite. Le projet sera présenté à l'occasion du conseil municipal.

Ce ne sera pas la première fois. Les prairies ont connu bon nombre de rebondissements. Bref retour vers le passé : novembre 2001, « la Ville achète les prairies » ; février 2006, « la Ville doit revoir son dossier » ; mai 2009, « des traces de pollution dans les jardins » ; novembre 2009, « les jardiniers ne seront pas chassés » ; juin 2011, « les jardins des prairies Saint-Martin vont fermer ».

Une trentaine de locataires de leur bout de terre en plein coeur de Rennes ont, donc, décidé de s'unir et de créer une association de défense. « Des jardiniers, mais pas que... Des habitants aussi. Il y a une petite dame de 85 ans qui doit partir », explique Xavier Bouinier, président de la toute jeune association.

« Tous les hivers,nous sommes inondés »

Après ce que certains qualifient de « coup de massue », en juin, les uns et les autres ont commencé à regarder de plus près les arguments de la mairie. Le premier est lié au plan de prévention des risques inondations de la préfecture qui prévoit d'utiliser les prairies comme bassin tampon des crues. Le deuxième revient sur des études de 2009 qui disent que les terres, mais aussi les légumes sont pollués.

« Tous les hivers, nous sommes inondés, et alors ? Ça ne nous dérange pas », lance Cathy Morice, locataire d'une parcelle. Pour les membres de l'association, une trentaine, d'autres solutions peuvent être imaginées, en amont. Et pour la pollution, Olivier Neau s'interroge : « Pourquoi vérifie-t-on le contenu de mes légumes alors qu'on ne regarde pas de si près ceux vendus en supermarché ? »

La mairie lève le voile lundi

Du côté de la mairie, on reste convaincu par cette décision et le schéma directeur reste le même : des berges aménagées des deux côtés, une passerelle entre la Zac Plaisance et les prairies, du bâti conservé et renforcé le long du canal, côté prairie ; un champ d'expansion des crues qui suit avec des espèces végétales adaptées et pour finir, une trame bocagère conservée.

Mais il ne s'agit là que d'une trame. Les équipes de paysagistes qui vont plancher sur le sujet pourront imaginer librement le devenir du site, tout en respectant des contraintes fortes.

Contactée sur le sujet, la municipalité n'a pas souhaité s'exprimer. Elle dévoilera son projet au conseil municipal de lundi, à partir de 19 h.

Alexandra BOURCIER.