Les prairies Saint Martin forment une île de 29ha entre le canal et l’Ille au nord du centre ville de Rennes. Les cabanes de jardin ont été bricolées au fil du temps, les haies entretenues, les espèces végétales préservées. Ce patrimoine écologique ouvrier a été presque préservé jusqu’à aujourd’hui ce qui en fait un cas unique en Ille et Vilaine.

 

2002 Début de la maîtrise foncière des prairies Saint Martin par la ville de Rennes

 

2002 La ville de Rennes achète les jardins ouvriers (8 ha) des prairies Saint Martin à l’OPAC. Elle souhaite faire un parc public avec des jardins. L’objectif de la ville est d’acheter tous les terrains des prairies (nombreux propriétaires privés). La zone industrielle du Trublet (tannerie désaffectée, zone remblayée et source de pollution éventuelle) n’est toujours pas acquise par la ville de Rennes en 2011.

 

De 2003 à 2009 réaménagement des jardins avec beaucoup de destruction de haies et de cabanes. A la place des bulldozers, une intervention plus délicate aurait permis une meilleure conservation du patrimoine.

 

2007 Le plan de prévention des risques inondation (PPRI) classe les prairies Saint Martin en secteur réservé à l’expansion des crues dans lequel les jardins sont autorisés. Le PPRI est négocié entre la ville et la préfecture en fonction du plan d’aménagement. Ce n’est pas la préfecture qui impose ses choix à la ville, comme ses élus le sous-entendent.La zone industrielle du Trublet n’est pas classée en zone inondable.

 

2009 Etude de pollution sur les prairies Saint Martin

 

2009 Etude de sol sur les prairies Saint Martin au niveau de la grande prairie. Cette zone n’est pas une prairie naturelle mais un terrain remblayé. Suite à cela, la ville de Rennes décide d’analyser les terres et les légumes des jardins des prairies, non sans arrière-pensées : Les seuls jardins analysés sont ceux qui sont délogés (Saint Martin et plaine de Baud)

 

Printemps 2009 : « Afin d’étudier l’implantation de points d’arrosage et de sanitaires », la ville de Rennes commande une campagne de prélèvement de terres et légumes dans les jardins par la société SCE aménagement et environnement.

 

30 juin 2009 bilan : concernant la qualité des sols les résultats montrent une qualité moyenne qui n’entraîne pas de risque sanitaire pour les usagers, concernant les végétaux les résultats sont globalement bons. La presse est convoquée en premier par la ville puis une seconde réunion est organisée pour les jardiniers.

 

10 novembre 2009 : la mise en culture et la consommation de légumes dont on peut manger les feuilles sont interdites sur les prairies Saint Martin (Arrêté municipal) La mairie rappelle également que les jardiniers qui le souhaitent pourront résilier la location de leur parcelle et seront prioritaires pour l'attribution d'un jardin sur un autre site municipal.

 

16 novembre 2009 réunion bilan de l’étude des risques : à partir des analyses des légumes on calcule un risque en fonction d’une consommation moyenne. Les calculs sont basés sur une consommation exclusive des légumes du jardin 365 jours et ce pendant 30 ans. Or il y a une grande différence entre la consommation de légumes et ce qui est produit par les jardiniers. Malgré cela « le risque calculé » arrive tout juste au seuil du risque toxique. Encore une fois les jardiniers sont avertis après la presse.

 

18 novembre 2009 Ouest-France : Les jardiniers ne seront pas chassés des prairies mais Jean-Luc Daubaire ne peut s’engager sur le maintien des jardins « car la préfecture peut toujours interdire certaines activités sur le site »

 

2010 Extension des zones constructibles en zone inondable

 

26 octobre 2010 Arrêté d’autorisation d’aménagement de la ZAC Armorique : La ville prévoit d’étendre la zone constructible en gagnant sur une zone inondable qui devra être remblayée. En compensation, des travaux de reconquête du champ d'expansion des crues seront réalisés sur le secteur des Prairies Saint Martin : 60000m3, ce qui représente une surface de 10 à 12 ha. C’est une destruction complète de la zone des jardins et même plus avec un impact énorme sur la flore et la faune de la zone humide. Cette reconquête du champ d'expansion des crues est non seulement une compensation pour la ZAC Armorique mais aussi pour l’ensemble des 11 projets de la ville en zone inondable. L’architecte urbaniste choisi par la ville de Rennes pour la ZAC Armorique est SCE Aménagement et environnement, la même société qui a fait les analyses des sols des jardins. Cette double casquette décrédibilise complètement l’indépendance de cette société dans le calcul des risques de pollution.

 

2011 Fermeture des jardins

 

5 mai 2011 appel d’offre de la ville de Rennes : Aménagement d'un parc naturel urbain sur les prairies Saint Martin. Développement du potentiel attractif des prairies Saint–Martin et de sa fréquentation par les Rennais, valorisation écologique et paysagère de la rivière, développement du champ d'expansion des crues, … recomposition de la frange bâtie du canal et requalification de sa berge, pour constituer une couture avec le tissu urbain, le développement de liaisons transversales avec le centre-ville et le quartier périphérique. Missions complémentaires : Réflexion urbaine (prescriptions architecturales et prescriptions sur périmètre urbain élargi).

 

En clair une ligne de bus empruntera la route le long du canal et traversera les prairies pour remonter la coulée verte en direction du quartier de la Bellangerais. Tout le long du canal sera construit. Quelle sera la limite vers les prairies ? Quel sera l’impact écologique ?

 

25 mai 2011 : Emission de TV Rennes sur les jardins familiaux en présence de Frédéric Bourcier et du président de l’association des jardins familiaux. On y apprend par erreur que les jardins des prairies Saint Martin vont être « transférés » sur d’autres sites. Ceci précipite l’annonce de fermeture des jardins. Comme à son habitude la ville communique d’abord les informations à la presse puis aux jardiniers en deux réunions séparées.

 

09 juin 2011 Ouest-France : « Les jardins des prairies Saint-Martin vont fermer. Un arrêté préfectoral prévoit d'utiliser le site pour réguler le niveau de l'Ille. « Lors des fortes crues, les prairies serviront volontairement de zone de dégagement. Ainsi, les inondations seront moindres en aval de Rennes », explique Jean-Luc Daubaire. Le hic, c'est que cet arrêté de la préfecture date de 2007. » Par contre le calendrier de fermeture des jardins d’ici fin 2013 correspond exactement à celui de l’aménagement de la ZAC Armorique.